Nous avons tous déjà fait l’expérience étonnante de nous sentir différents et d’agir différemment en fonction des personnes avec qui nous sommes. Le père, l’ami, le mari, l’employé, le citoyen engagé, le fils sont des rôles et des fonctions que nous revêtons et qui font ressortir différentes facettes en nous. Ce sont aussi différentes appartenances à différents groupes humains qui nous construisent chacune différemment. Cela ne signifie pas que nous n’avons pas de personnalité propre, pas de noyau, mais il est vrai que nous existons dans un environnement humain qui a toujours un impact sur notre manière d’être et de nous comporter.

La psychothérapie systémique prend au sérieux ce constat. Elle considère qu’une personne et, à fortiori, ses difficultés doivent être comprises et travaillées là où elles émergent, c’est-à-dire à l’intérieur du groupe humain. Lorsque nous sommes angoissés, déprimés, épuisés, nous avons tendance à penser que ce symptôme n’appartient qu’à nous, que nous avons un problème, que nous ne sommes pas normal. Mais souvent c’est bien plus complexe. Car le groupe humain dans lequel nous nous situons ne fonctionne pas de manière arbitraire, il s’est construit une identité, ses membres ont développé une manière d’être ensemble et des interactions que l’on peut comparer à une mécanique : c’est ce qu’on appelle un système.